|
|
||
|
Sainl-Edme. - 371
|
||
|
|
||
|
leurs billets, leur auroit dit des injures et dit d'attendre. Que, voulant Ie réprimer de paroles, une femme qu'ils ont appris fe nommer St-Edme et être maîtrelTe dudit jeu, a pris le parti dudit commis en leur difant : « Qui font donc ces meffieurs ? Ne diroit-on pas que c'eft quelque chofe de grand ? » Et qu'ils faifoient bien les infolens. A quoi ledit fieur Berci de Charenton lui a demandé qu'eft-ce qu'elle vouloit et qu'ils ne parloient pas à elle. Ladite St-Edme ayant encore répété le mot d'infolent, ledit fieur de Charenton
l'avoit à la vérité appelé b........et qu'elle s'allât promener; mais que ladite
St-Edme, au lieu dc fe contenir, auroit eu l'infolence de donner audit fleur Berci de Charenton un foufflet dont il a faigné des dents, ce qui l'a mis fort en colère et que fans ledit fieur de Berci, fon frère, il auroit voulu en avoir vengeance. Que ledit fleur de Berci ayant demandé ledit fleur Figuier, lui fleur Dumantel feroit furvenu. Et ledit fieur Figuier, qu'étant arrivé dans Ie préau après ce bruit, le fleur de Berci eft venu à lui et lui a demandé À qui il falloit s'adreffer pour avoir juftice de l'infulte que la femme dudit St-Edme venoit de lui faire et il fon frère, auquel la femme dudit St-Edme avoit eu l'infolence de donner un foufflet. Et lui ayant répondu qu'il falloit s'adreffer â nous commiffaire pour s'en faire rendre juftice par M. de Machault, lieutenant général de police, lefdits fieurs de Berci frères et Maulevrier auroient été au jeu du fieur Alard. Que lui fleur Figuier et Dumantel s'étant enquis à différens particuliers qui s'étoient trouvés à ce bruit, comment ce bruit s'étoit paffé et à quelle occafion il étoit arrivé, ils ont appris defdits particuliers que mefdits fieurs de Berci et de Maulevrier, n'ayant pu fe placer fur le théâtre ni dans les loges dudit jeu du fieur St-Edme, font defcendus à Ia porte où ledit fleur de Berci de Charenton a redemandé des billets pour fortir et aller retirer fon argent. Que au lieu par un des portiers qui délivre lefdits billets de lui rendre de bons billets, il lui en aure .t donné d'autres et que ces meffieurs ayant été au bureau pour retirer leur argent, la femme qui eft dans le bureau leur a dit qu'il falloit d'autres billets pour qu'elle pût rendre l'argent. Que ledit fieur de Berci de Charenton ayant retourné à la porte, il a redemandé d'autres billets à un des portiers lequel, au lieu de lui rendre d'autres billets, lui a répondu infolemment cn lui difant qu'il fe donnât patience ; ce qui a fait que ledit fieur de Charenton s'eft emporté contre lui. Ladite St-Edme a pris le parti de fon portier et avec arrogance a dit : « On voit bien que ces meffieurs-là ne font pas des gens de qualité, car ils font bien infolens. » Auxquelles paroles ledit fleur de Charenton a dit à la dame
St-Edme qu'elle étoit une b........ : dans lequel inftant ladite St-Edme a
donné un foufflet audit fieur de Berci de Charenton dont il faignoit des dents. Ledit fieur de Berci de Charenton étant demeuré interdit de cette infulte et ayant cependant dit quelques paroles injurieufes à ladite femme St-Edme, ledit fieur St-Edme, fon mari, qui eft furvenu, s'eft emporté contre ledit fieur de Charenton en difant : « Je voudrois bien connoitre ces petits meffieurs-là. » Auxquelles paroles ledit fieur de Charenton ayant voulu mettre l'épée à la main, il en a été empêché par fon frère pour éviter de plus grands
|
||
|
|
||